L’acteur et réalisateur Mathieu Kassovitz, célèbre pour ses prises de position tranchées et son œuvre marquante dans le cinéma français, a une nouvelle fois fait parler de lui — mais cette fois en dehors des plateaux de tournage. Lors d’une interview au podcast Mon école, mes profs et moi diffusé sur RMC, le quinquagénaire n’a pas mâché ses mots quand il s’est attaqué au système éducatif français, dénonçant avec force ce qu’il considère comme une « maltraitance » institutionnelle imposée aux plus jeunes.
Devant les micros, Kassovitz a littéralement explosé de colère en décrivant les rythmes scolaires actuels pour les enfants de 5 ou 6 ans. « Ce n’est pas normal qu’on fasse ça à des enfants », a-t-il lancé d’une voix chargée d’émotion, s’élevant contre les horaires matinaux stricts que les écoles imposent à ces petits élèves encore en pleine phase de développement. Il s’est souvenu de ses propres matinées d’enfant, quand il devait affronter la pluie, le froid et l’aube naissante pour rejoindre le bus scolaire, évoquant ces images comme un marqueur d’un système figé dans le passé.

Pour Kassovitz, il ne s’agit pas seulement d’une critique superficielle mais d’un constat profond : exiger des enfants qu’ils se lèvent à l’aube pour être à l’école à 8 heures est non seulement archaïque, mais cela va à l’encontre de l’épanouissement intellectuel et physiologique des enfants. « Leur cerveau n’est pas en train de fonctionner », a‑t‑il martelé, comparant ces pratiques à une pédagogie héritée du siècle précédent, quand seul le travail à la mine requérait de tels horaires.
L’acteur, qui ne cache plus son scepticisme vis‑à‑vis des institutions traditionnelles, a ensuite dévoilé qu’il avait lui‑même choisi une voie différente pour ses enfants. Déjà père de plusieurs enfants, dont sa fille Carmen Kassovitz devenue actrice, il avait fait le choix de les inscrire dans une école alternative à Saint‑Mandé, fondée sur les principes de l’observation, de l’association et de l’expression, où les notes ne sont pas la norme. Cette décision personnelle, qu’il a assumée publiquement, illustre son rejet des méthodes classiques qui, selon lui, n’ont plus leur place dans une société moderne.
Loin de se limiter à un simple coup de gueule, la prise de parole de Kassovitz a déjà suscité des réactions contrastées dans les milieux éducatifs et parmi les parents. Certains saluent son franc‑parler et applaudissent sa volonté de bousculer les traditions, tandis que d’autres estiment que ses critiques manquent de nuances et ne prennent pas suffisamment en compte les réalités quotidiennes des enseignants et des familles.
Quoi qu’il en soit, cette énième déclaration enflammée confirme que Kassovitz n’a pas peur de secouer le débat public et de remettre en question les institutions lorsqu’il estime qu’elles ne servent plus efficacement les intérêts des plus vulnérables. Son message résonne au‑delà du simple monde du cinéma, invitant à une réflexion plus large sur l’avenir de l’éducation dans un pays en pleine mutation.