Sur le plateau de C à vous sur France 5, ce mardi 27 janvier, un visage serein et un duo musical enchanteur ont masqué une vérité bien plus brute. Dans une ambiance détendue, Pascal Obispo et Bénabar, deux piliers de la chanson française, ont refait le film de leurs premières rencontres – et revisité un début de relation qui n’a rien eu d’un long fleuve tranquille.
Aujourd’hui très complices, engagés dans un duo intitulé Reste-t‑il du bonheur que Pascal Obispo a produit et que l’on retrouve sur le nouvel album de Bénabar, les deux artistes n’ont pas toujours roulé sur des roulettes ensemble. Leur complicité de scène et leur amitié de longue date – plus de vingt ans – cachent une anecdote qui aurait pu tout faire capoter avant même de commencer.
Alors que la présentatrice Anne‑Élisabeth Lemoine s’intéressait à leur parcours, l’animateur a lancé une question apparemment anodine : « Vous auriez pu être des rivaux ? ». Et la réponse de Bénabar a surpris tout le monde. L’interprète, généralement calme et posé, a avoué que leur relation avait commencé dans la tension, même qu’ils ne partageaient pas du tout « la même version » de l’événement.

Pascal Obispo a alors raconté le moment précis où tout a basculé. Ils se retrouvaient tous deux dans les loges d’une émission culte de Marc‑Olivier Fogiel, où ils devaient travailler ensemble avec Natasha St‑Pier. Obispo raconte qu’il avait salué Bénabar avec courtoisie, mais la suite fut moins consensuelle. Quand Fogiel a demandé à Bénabar ce que l’on pouvait lui souhaiter, la réponse du chanteur de Le Dîner a été brutale et inattendue : « ne jamais avoir de chanson de Pascal Obispo ».
Le récit a provoqué des rires nerveux dans le public, mais l’anecdote a révélé un malaise réel que chacun a ressenti à l’époque. Bénabar n’a pas éludé ce moment gênant : il a admis que ce jour‑là, « le ton est monté dans la loge », qu’il n’était pas aussi bienveillant qu’aujourd’hui, et que l’atmosphère avait été « particulièrement stressante ». Il a même confié qu’il était reparti en passant pour un « énorme connard », un souvenir qui avait fait pleurer sa manageuse.
L’ironie du sort veut que cet incident, qui aurait pu sceller une inimitié durable, soit aujourd’hui raconté avec humour et sincérité. Les deux chanteurs, qui ont depuis tissé une relation artistique et personnelle solide, préfèrent aujourd’hui rire de cette dispute oubliée plutôt que de la laisser obscurcir leur complicité. Bénabar a lui‑même souligné que cette anecdote prouve qu’il n’est pas hypocrite et que leur amitié s’est construite sur des bases réelles et assumées.

Ce partage de souvenirs, dévoilé en toute transparence devant les caméras, révèle une facette peu connue d’une fraternité artistique rarement racontée avec autant de franchise. De la loge électrique à la scène complice, Pascal Obispo et Bénabar montrent qu’une première étincelle de colère peut parfois allumer un feu d’amitié durable.