Une enquête récente publiée par Politis a jeté un nouvel éclairage sur les accusations qui entourent l’acteur Gérard Darmon, figure emblématique du cinéma français depuis plusieurs décennies. D’après les témoignages recueillis par le média, neuf femmes ayant travaillé sur des tournages où l’acteur était présent ont livré des récits accablants le concernant, décrivant une série de faits qualifiés de violences sexistes et sexuelles sur plusieurs années. Les propos et gestes auxquels elles se réfèrent vont bien au‑delà de simples maladresses : ces femmes évoquent des propositions à caractère sexuel, des contacts physiques non consentis, des insultes sexistes et des humiliations ressenties en présence de l’acteur.
Les témoignages décrivent des comportements qui se seraient déroulés sur plusieurs tournages, dans des contextes aussi variés que les répétitions, la cantine, les plateaux ou même des loges. Parmi les récits publiés, une technicienne, alors stagiaire de 19 ans, raconte avoir reçu des avances persistantes malgré ses refus répétés, y compris une invitation explicite à aller chez lui après le tournage. D’autres victimes présumées mentionnent des baisers insistants, des regards insistants sur leur corps, des propositions déplacées ou des remarques humiliantes, toujours associées à une atmosphère d’emprise et de domination qui aurait marqué leur expérience professionnelle.

Les accusatrices, pour la plupart employées en postes précaires – maquilleuses, habilleuses, coiffeuses ou assistantes de réalisation – se déclarent profondément choquées par ce qu’elles décrivent comme une atmosphère de travail toxique, où la puissance et la popularité de Darmon auraient empêché des réactions immédiates ou la mise en place de mesures protectrices. Certaines d’entre elles auraient tenté de remonter leurs plaintes à la production, sans que des actions concrètes soient engagées pour garantir leur sécurité ou leur sérénité sur le plateau.
Face à ces allégations, Gérard Darmon, âgé de 76 ans, a nié en bloc les comportements incriminés, contestant les descriptions publiées et réfutant toute conduite inappropriée. Lors des échanges avec les journalistes, il aurait répondu sur un ton agressif et parfois menaçant, rejetant l’idée d’avoir eu des gestes ou des paroles déplacés envers ses collègues féminines. À ce stade, aucune procédure judiciaire formelle n’a été rendue publique à partir de ces témoignages, et l’enquête reste principalement d’ordre médiatique et social, centrée sur le récit des plaignantes et l’impact de leurs déclarations.
Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large où des voix du monde du cinéma et de la culture appellent à une meilleure prise en compte des signalements de violences sexistes et sexuelles, notamment sur les plateaux de tournage. Les récits réunis dans l’enquête ont relancé le débat sur la nécessité de renforcer les mécanismes de prévention et de protection des équipes, surtout celles en situation de précarité, face à des figures puissantes de l’industrie.

Quelle que soit l’issue juridique éventuelle, la publication de ces témoignages a déjà provoqué une onde de choc dans le milieu artistique, confrontant l’image publique d’un acteur populaire à des récits de comportements jugés inacceptables par plusieurs professionnelles du cinéma.