En 2015, une annonce bouleversait le monde de l’archéologie : à Lavau, près de Troyes, les chercheurs de l’Inrap révélaient la découverte d’une tombe celte monumentale datant du début du Ve siècle avant notre ère. Dix ans plus tard, les recherches menées ont permis de lever une partie du voile sur ce que l’on appelle désormais le “Prince de Lavau”.

Une découverte hors du commun
Sous une structure de bois de 14 m² reposait un défunt entouré d’un mobilier d’une richesse exceptionnelle :
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Un chaudron en bronze d’origine étrusque ou grecque, décoré de têtes de félins et du dieu Achéloos, pouvant contenir près de 300 litres de vin ;
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Une œnochoé attique à figures noires, rehaussée d’or et d’argent ;
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Des bijoux précieux — torque en or, bracelet en bronze, agrafes ornées de corail rouge, perles d’ambre…
Cette sépulture, mieux conservée que celles de Vix ou de Hochdorf, éclaire d’un jour nouveau le phénomène princier de l’Âge du Fer, une époque marquée par des tombes royales et des forteresses monumentales.

Dix ans d’enquêtes minutieuses
Les analyses interdisciplinaires ont livré des révélations fascinantes :
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Le chaudron contenait du vin importé du monde méditerranéen, un produit rare au nord des Alpes.
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Le corps reposait sur un lit de céréales et de plantes odorantes, servant à préserver et honorer le défunt.
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L’absence de coprostérol indique que le corps a été éviscéré, une pratique funéraire visant à retarder la décomposition.
Les dents, exceptionnellement bien conservées, témoignent d’un homme en excellente santé, ayant connu une chute de cheval ou de char. L’analyse génétique a révélé une peau mate, des yeux marron et des cheveux raides, des origines liées au monde méditerranéen.

Prince, roi… ou druide ?
Malgré la richesse du mobilier, aucune arme n’a été retrouvée. Longtemps pris pour une femme, ce défunt intrigue :
était-il un chef pacifique, un roi local, ou un sage spirituel — peut-être un druide ?
Le mystère reste entier, mais chaque étude publiée éclaire un peu plus la grandeur et la singularité de cet homme dont la tombe, intacte depuis 2 500 ans, continue de fasciner.